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  • Les engins passifs

    Ces sont les filets, les lignes et les pièges ou nasses.

    Les filets : ils sont de différentes formes, de différentes structures en fonction des usages qui en sont faits. 

    Qu’ils soient calés ou dérivants, les filets maillants ou les filets trémail, constituent un obstacle qui piège le poisson au moment de son passage. La taille des mailles peut être réglementée et sélectionne ainsi les plus gros individus, laissant les plus petits s’échapper. 

    La sélectivité des filets repose à la fois sur le comportement de l’espèce ciblée et sur la connaissance du milieu par les pêcheurs. Un filet bien posé, au bon endroit, au bon moment peut être très sélectif. A l’inverse, un filet peut s’avérer un piège inutile mais dommageable pour l’écosystème si son utilisation est mal optimisée, pêchant aussi bien des crustacés des poissons, des tortues ou des cétacés.

    Les lignes : Palangre ou pêche à la canne. Ces techniques, utilisées sur le thon, le saumon, le bar ont impact essentiellement dans le cas des palangres de grande taille qui capturent d’autres espèces que celles ciblées et notamment des oiseaux marins (cas de la pêche à la Ligne en Antarctique par ex.).

    Les nasses ou les casiers sont de formes et de tailles très différentes selon l’espèce ciblée. Posés sur le fond par des caseyeurs, ils sont en général peu impactants et permettent même de sélectionner, au moment de la remontée à bord, les individus commercialement les plus intéressants et de relâcher les autres vivants, ce qui n’est pas ou peu le cas avec les autres techniques de pêche citées précédemment. 

    Pour tous les engins passifs, la perte ou l’abandon en mer de filets, de lignes ou de casiers ou nasses qui « continuent à pêcher » peuvent constituer une menace sur le moyen et le long terme. 

    Enfin, il est à noter que selon la technique de pêche utilisée, la consommation d’énergie du bateau peut considérablement varier. Ce sera, à  l’évidence une donnée importante à  l’heure de l’augmentation du prix du baril de pétrole et de l’instauration des taxes carbone. De ce point de vue, sans même évoquer l’impact sur certains milieux fragiles, les chalutiers, très consommateurs de gasoil, seront très rapidement face à une difficile équation à  résoudre entre valeur et volume pêché, prix du gasoil et taxe carbone et trouver le seuil de rentabilité dans le respect des exigences du développement durable.

  • Les engins actifs

    Les chaluts : 

    • les chaluts (filet en forme de « chaussette ») de fonds sont tractés sur le fond ou très proche de celui-ci et capturent les espèces vivant sur ou à proximité de celui-ci. C’est le cas du cabillaud, du merlan, des poissons plats, des crevettes et des langoustines.
    • Les chaluts pélagiques (tirés en pleine eau) capturent les espèces qui vivent dans la masse d’eau comme les maquereaux, les thons, les harengs, les anchois, les sardines ou les bars…

    Les dragues : 

    Basées sur le même principe que les chaluts de fond, les dragues sont véritablement posées et tirées sur le fond et le ratissent pour pêcher, notamment des mollusques : coquilles Saint-Jacques, huîtres, palourdes ou praires. Les chaluts et les dragues ont deux types d’impact sur l’environnement :

    • 1. Sur les fonds marins, pour les chaluts de fonds et de dragues. Selon la nature des fonds marins ces impacts peuvent être plus ou moins importants et entrainer la détérioration du milieu, la destruction de certains habitats et la pêche d’organismes marins non exploités tels que les alevins, les coraux ou des algues.
    • 2. Sur les espèces capturées. Le chalut n’est pas toujours utilisé de manière très sélective. Il peut capturer des individus « non ciblés » au départ (individus de petite taille ou individus d’autres espèces).


    Des efforts importants ont été entrepris pour diminuer l’impact de certains chaluts, en évitant au mieux les fonds marins (rouleaux de corde de ventre qui roulent sur le fond) et en améliorant la « sélectivité » (taille des mailles, grilles sélectives, panneaux) ce qui permet de diminuer significativement le nombre d’organismes prélevés (espèces et tailles) qui ne devraient pas l’être. C’est le cas de la pêcherie française de langoustine du Golfe de Gascogne par exemple.

    Néanmoins, la pêche au chalut sur des grands fonds se déroule sur des écosystèmes très fragiles (coraux profonds) et espèces à cycle lent et à  maturité sexuelle tardive (empereurs, sabres ou grenadiers). Ses impacts sur les écosystèmes (à l’exception de fonds zones sablo-vaseux), et les ressources restent si préoccupants sur le moyen et le long terme que les Nations Unies ont demandé à  tous les Etats pratiquant cette pêche de l’interrompre fin 2008 s’ils n’étaient pas en mesure d’en démontrer le caractère durable. Une mission sur la durabilité des pêches profondes a été diligentée par le gouvernement français et devrait rendre ses conclusions en début 2010.

    Enfin, dans le cas des gros chaluts pélagiques, même si les captures accessoires semblent peu fréquentes, des prises accidentelles de cétacés ont été rapportées. Une durée excessive de chalutage provoque en outre l’écrasement des poissons dans le fond de la poche du chalut ce qui, dans le meilleur des cas, en diminue drastiquement la valeur commerciale.

    Les filets tournants : le principe de ces engins est d’abord d’entourer le banc de poisson d’un filet avant d’en rapprocher les deux pans vers le navire (senne tournante) et en fermant le fond du filet en même temps (senne tournante coulissante – Bolinche ou Lamparo).

    Cette technique de pêche provoque parfois la prise accessoire d’individus de petite taille mais des espèces ciblées ainsi que de petits cétacés. Les techniques évoluant, ces prises accessoires sont de plus en plus relâchées vivantes.

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